Urgences privées

Nous avons besoin de revaloriser notre métier

Le Dr Albert Birynczyk, président du syndicat national des urgentistest de l'hospitalisation privée (SNUHP)

Les centres de soins non programmés se multiplient et recrutent nos profils pour prendre en charge des pathologies traumatiques, bénignes ou pour coordonner les demandes en soins. Leurs contraintes sont moindres, sans garde, avec peu ou pas de stress. De fait, leurs sirènes sont très attractives pour les jeunes praticiens ou les seniors qui aspirent à moins de stress et qui manqueront de fait à l’appel de nos services d’urgence.
L’enquête que nous avons réalisée l’année dernière indique que 95 % des médecins étaient satisfaits de leur exercice en établissement privé. Nos conditions d’exercice sont globalement bonnes, dans la plupart des cas nos outils de travail sont excellents, et nous ressentons une grande liberté de faire. Les établissements de santé privés sont réactifs, réfléchissent avec nous à l’organisation générale du service – lits d’aval, coordination avec les soignants – et offrent un corps précieux de spécialistes, indispensables à l’accomplissement de notre travail.

Besoins de mesures financières

Les vraies pathologies d’urgence sont les détresses immédiates, des pathologies qui pourraient se dégrader, etc. Ces prises en charge lourdes de patients complexes demandent un temps médical important or la rémunération ne prend pas en compte les différents niveaux de gravité. Les dépassements d’honoraires sont naturellement interdits. Nous avons donc besoin de mesures financières incitatives pour susciter la motivation à exercer dans un cadre stressant, 24/24.

Dans le secteur privé, nous voyons en moyenne entre 4 000 et 5 000 patients par an et par médecin, c’est le double de nos confrères du secteur public. En revanche, la difficulté à trouver des remplaçants nous touche pareillement. Les services d’urgence privés sont sur le terrain, à la campagne comme en ville, et sont un renfort indispensable aux urgences publiques. Par exemple, dans mon établissement au sud de Saint-Étienne, nous accueillons en urgence des patients d’un niveau de gravité identique à celui du CHU voisin. Certains nous sont amenés par le Samu et un grand nombre d’entre eux par les pompiers et les ambulances privées, régulés par le centre 15.

Dans l’agglomération stéphanoise, les 2 établissements privés, sièges d’un service d’urgence, comptabilisent autant d’entrées que le CHU de SaintÉtienne. À cet endroit, comme dans d’autres, nous sommes indispensables !

Article écrit par BVM et publié dans Dialogue Santé 33 de la FHP-MCO