Clinique de l'Yvette

OFA, l’anesthésie sans opiacés

Propos du Dr Amir Sedaghati, anesthésiste à la Clinique de l'Yvette

L’évolution de la prise en charge des patients chirurgicaux tend vers l’instauration de parcours de soins organisés et individualisés. Il en va de même pour l’anesthésie qui tend à ne plus utiliser d’opioïde.

Aujourd’hui, l’anesthésie sans morphiniques est une anesthésie multimodale associant différents médicaments qui sont utilisés quotidiennement dans notre pratique et/ou nos techniques. Ce sont notamment la kétamine qui permet de prévenir les phénomènes d’hyperalgésie postopératoire ; la lidocaïne en intraveineuse qui bloque les canaux sodiques et fait intervenir divers récepteurs, notamment les récepteurs NMDA, potentiellement impliqués dans les voies de la douleur ou de son contrôle ; le magnésium, un inhibiteur calcique ainsi que des médicaments anti-inflammatoires qui permettent une épargne en morphine d’environ 50 %. Peuvent bénéficier de ce type d’anesthésie les patients qui sont le plus sensibles aux effets secondaires des morphiniques. L’anesthésie OFA (Opioid- free Anesthesia) serait extrêmement bénéfique chez les patients insuffisants respiratoires ou souffrant de broncho-pneumopathie obstructive, chez ceux qui consomment de fortes doses de morphiniques en préopératoire et/ou qui souffrent de douleurs chroniques.

Réduire les hypnotiques
Actuellement, nous réservons nos indications de protocoles OFA en fonction du type de chirurgie et du terrain du patient: chirurgie carcinologique sauf neurochirurgie intracrânienne, chirurgie à haut risque de douleur chronique postopératoire, chirurgie bariatrique, patients obèses, douloureux chroniques, insuffisants respiratoires ou à risque de dépression respiratoire, dépendants aux opiacés, toxicomanes, alcooliques. OFA réduit fortement les besoins en hypnotiques, en morphine pendant les premières heures postopératoires ainsi que les effets indésirables des morphiniques.

Edité par BVM communication, diffusé dans « L'info » de la Clinique de l'Yvette, de février 2021